Les lacs forment l’horizon direct d’une partie des Suisses, pays qui a accès à deux lacs parmi les plus grands d’Europe occidentale: le Léman et le lac de Constance. Les marins des lacs se divisent en deux groupes majeurs, sinon opposés: les «voileux» et les motorisés. Les deuxièmes sont de plus en plus nombreux. «Le bateau à moteur c’est une voiture avec deux amarres; il y a un volant et des gaz», résume Mathieu Verrier. La voile, qui perd progressivement des adeptes, nécessite une longue formation.
Elle implique aussi beaucoup de temps, admet l’auteur Bernard Schopfer, lui qui a, trente années durant, consacré ses mardis soir à des régates sur le Léman. Il se souvient de retours à Genève le dimanche soir depuis Lutry, au moteur. «Avec un bateau à moteur, on quitte Lausanne pour aller manger des perches à Thonon en France. Avec un voilier, on ne sait pas quand on arrive», image Mathieu Verrier.
Quid du passage à la mer? «La différence entre les deux, c’est qu’il n’y a pas de sel», plaisante l’architecte naval vaudois, tout en rappelant qu’un lac comme le Léman peut connaître des vents violents. «Lors du dernier record du tour du monde à la voile, le coup de vent a eu lieu en Bretagne, à la fin de la course, avec des pointes à 80 km/h, mais il y a déjà eu 140 km/h de vent sur le lac», rappelle-t-il. Les lacs peuvent se révéler dangereux, comme le montre, par exemple, un accident arrivé sur le lac de Zoug en juin 2024 où l’épave d’un voilier a été retrouvée par 80 mètres de fond, avec un navigateur à bord. L’embarcation avait coulé au cours d’une régate. En 2019, un coup de vent avait déferlé sur le Bol d’Or – la plus grande régate en bassin fermé du monde. Pendant une heure, des vents de plus de 100 km/h avaient balayé la flotte, provoquant 212 abandons sur 465 bateaux engagés, mais sans provoquer de victime.
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