Curling à Genève, saut à ski à Engelberg et luge à Saint-Moritz: des compétitions de haut niveau pourraient avoir lieu en Suisse en 2038. Le pays envisage en effet de se porter candidat à l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. Il entretient déjà un «dialogue privilégié» avec le Comité international olympique (CIO); en d’autres termes, la Suisse ne devra pas se battre contre d’autres candidatures. Si elle veut organiser l’événement et remplit les conditions du CIO, elle obtiendra l’adjudication.
«C’est une réelle opportunité», s’enthousiasme Ruth Wipfli Steinegger, coprésidente de l’association Switzerland 2038. La Suisse a été la candidate la plus convaincante aux yeux du CIO, raison pour laquelle elle bénéficie de ces conditions exclusives. Elle fera les choses à sa manière et montrera qu’on peut organiser des Jeux olympiques sans gigantisme. «Ces jeux seront plus petits et plus respectueux de l’environnement.»
Le concept mise sur des installations sportives et des infrastructures de transport qui existent déjà. Les compétitions seront réparties dans toutes les parties et régions linguistiques du pays. Huit lieux sont prévus pour les accueillir. Les athlètes résideront dans trois «clusters» (Romandie, Lucerne et Grisons). Ce serait la première fois que les Jeux olympiques ne seraient pas organisés par une ville ou une région, mais par un pays. Ruth Metzler-Arnold, présidente de Swiss Olympic et ancienne conseillère fédérale, parle d’un «projet pour toute la Suisse». La population fera partie des jeux et en profitera à long terme.
Une population jusqu’ici sceptique
Ces dernières années, le peuple a fait échec à ces rêves de Jeux olympiques, craignant des dépenses élevées pour les communes, un afflux massif de touristes et des conséquences délétères pour l’environnement. En 2013 et 2018, deux projets locaux – aux Grisons et en Valais – ont été rejetés. Pour réduire les nuisances pour la population, les responsables échafaudent désormais des plans à l’échelle du pays. Ils entendent renoncer à toute nouvelle construction et faire appel à des investisseurs privés. Ceux-ci financeraient le projet à plus de 80 % et supporteraient les éventuelles pertes. La Confédération devrait débourser environ 200 millions de francs, et les cantons et communes tout autant.
La Suisse doit déposer sa candidature en 2027: par conséquent, le timing est serré. Le Parlement a jusqu’à la fin de l’année pour se décider. La candidature pourra ensuite être officiellement transmise au CIO. Des décisions devront également être prises aux niveaux cantonal et local. Mais ces débats devraient avoir lieu après l’approbation du CIO. Si certains cantons ou communes rejetaient le projet, les disciplines sportives concernées devraient changer de lieu. Cette flexibilité est garantie, confirme Ruth Wipfli Steinegger, qui concède: «Nous devons effectuer un gros travail de persuasion, à tous les niveaux de la société.»
Ruth Wipfli Steinegger, coprésidente de l’association Switzerland 2038
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