Les feux d’artifice, quel vacarme!
Enfant, j’ai moi aussi connu l’enthousiasme allumé par les feux d’artifice dans les jardins et les rues suisses le 1er août. Je n’étais ni particulièrement attirée, ni dérangée par le spectacle. Le soleil sifflant que mon père accrochait à un mât m’amusait. Il tournait toujours plus vite, projetant ses étincelles toujours plus loin. Je me souviens aussi avec plaisir du grand feu d’artifice de la fête nocturne du lac. Des lumières multicolores faisaient scintiller le paysage alpin: c’était beau.
Scintillements, lumières? C’était hier. Aujourd’hui, ce sont bruits et pétarades sans fin. Non seulement l’assortiment des engins a grandi, mais hélas leur puissance aussi. Avant, on allumait les fusées une à une, de façon aussi artisanale qu’attendrissante, en les fixant sur des bouteilles vides. Aujourd’hui, souvent aiguillonnés par la compétition, les artificiers amateurs tirent 49 coups en 40 secondes avec des batteries prémontées. Plus leur budget est important, plus ça pétarade fort et longtemps – or, l’argent ne manque pas en Suisse.
Les conséquences de cette démesure? Des voisins énervés, des chiens tremblants, des vaches paniquées, des oiseaux nicheurs dérangés. Des poussières fines. Des déchets. Des accidents. Les feux d’artifice sont synonymes de tradition et de joie de vivre, me dit-on. Mais la joie de vivre ne devrait-elle pas s’accompagner d’égards pour autrui? Et qu’est-ce que les produits remplis de poudre noire généralement importés de Chine ont à voir avec la tradition suisse?
La démocratie, elle, fait vraiment partie de cette tradition. C’est la raison pour laquelle nous irons aux urnes afin de décider si le plaisir de quelques-uns doit continuer de primer sur la protection des animaux et de l’environnement. D’après un sondage de 2024, seuls 13 % des Suisses achètent des feux d’artifice.
Les valeurs changent, sans mettre fin aux réjouissances. Admirons le spectacle des volcans magiques fabriqués en Suisse, qui font de l’effet même sans vacarme. Et, de temps en temps, des feux d’artifice publics, lancés par des professionnels. Ce sont les seuls à être vraiment sublimes. Vive l’expérience collective, sus à l’autosatisfaction!
Susanne Wenger, journaliste «Revue Suisse»
Site web du comité d'initiative :
Oui à l’initiative des feux d’artifice
Site web des opposants à l'initiative :
Pro Feuerwerk – Contre les interdictions
Vous trouverez l’aperçu des votations du 27 septembre 2026 dans le prochain numéro de la «Revue Suisse».
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