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  • Sélection

Stress

21.03.2018

Stress, qui a 41 ans, est au rap suisse, ce que Stephan Eicher est au rock helvète: aussi connu, aussi identifiable. Cette année, il sortira son 7e album. Pour ce blanc bec, né sur les rives de la mer Baltique, l’énergie du hip hop prend d’ailleurs ses sources dans le rock, pas dans le groove black. «Je suis rock. J’ai grandi dans des blocs en Estonie. Il n’y avait pas beaucoup de criminalité, car les criminels c’était l’État. On faisait la queue pour le papier toilette et pour le pain et, à défaut d’alcool, les gens buvaient de l’eau de Cologne. Lausanne? Ce lieu a été un havre de sécurité pour moi», a raconté le rappeur dans un reportage de «Vacarme», émission de La Première diffusée en novembre 2017.

La Suisse, l’argent, Stress en parle avec un aplomb et une gouaille formidables. On lui reproche d’avoir fait de la pub pour Coca-Cola. Il défend son choix en se moquant d’un pays qui n’aime pas les stars. «T’as vendu des disques, mec? C’est un problème! T’as fait Coca? C’est un problème! Mais pour moi, quand j’avais 15 ans, boire un Coca, c’était le Graal», explique-t-il.

Stress, qui a fait le pas vers Zurich, est un fervent défenseur d’une Suisse colorée. Il l’a fait savoir en son temps dans des paroles hostiles à l’UDC. «En Suisse allemande, on a beaucoup de musique populiste», a-t-il regretté, éraflant des amis rappeurs. «Certains font de la youtze! Hey, mec, tu peux pas faire de la youtze! On vient de la musique urbaine, notre culture, c’est la mixité!» Businessman engagé? Tel pourrait être l’oxymore décrivant le remuant lascar.

Stéphane Herzog

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