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  • Courrier des lecteurs

Lettres à la rédaction

17.03.2016

Une main-d’œuvre appréciée

Le comportement de beaucoup de gens qui se moquent avec arrogance de la souffrance de millions de réfugiés m’effraie. Comme je m’occupe de réfugiés syriens en Allemagne, je me permets aujourd’hui de demander qui pourra bien combler la lacune que l’évolution démographique va creuser chez les actifs dans les décennies à venir. Ici, en Forêt-Noire, beaucoup de mes collègues (dans l’hôtellerie et la restauration) sont en quelque sorte reconnaissants face à cette nouvelle main-d’œuvre. Même s’ils adhèrent à une autre religion, les Syriens ne sont en moyenne ni plus intelligents, ni plus idiots que la main-d’œuvre locale. En outre, que vous le croyiez ou non, mes employées femmes et moi apprécions le «nouveau respect» qui nous est témoigné. Depuis des mois, nous ne portons plus aucune caisse lourde, personne ne nous fait de remarques désobligeantes ni ne nous met dans des situations inconfortables parce que nous sommes des femmes. Nous sommes satisfaites, voire enthousiastes, et je peux garantir que nous n’avons fait que très rarement de mauvaises expériences.

Nicole Bartlome, Allemagne

Des réfugiés bien formés

La majeure partie des réfugiés syriens sont qualifiés et pourraient être intégrés rapidement sur le marché du travail suisse. Notre pays a notamment besoin d’ingénieurs et de médecins car les Suisses se lancent de moins en moins dans ces carrières. En outre, il n’existe pas de «faux» réfugiés. Les gens ayant de l’argent ont naturellement plus de facilités à quitter leur pays mais cela ne veut pas dire qu’ils n’auraient pas à craindre pour leur vie chez eux.

Karin Stricker, par e-mail

Le drame des réfugiés

Des millions de gens n’ont d’autre choix que de quitter leur pays. Si vous avez besoin d’images pour vous en convaincre, cherchez des photos de Homs, ville syrienne détruite par les bombes. Ou d’Alep. Ou des hôpitaux bombardés dans la zone contrôlée par les Kurdes. Le deuxième plus grand drame se produit actuellement dans les commentaires en ligne où, à quelques exceptions près, nous trouvons un méli-mélo d’affirmations factuelles et d’allégations douteuses. Et au cas où ce ne serait pas déjà assez grave, les discussions prennent une tournure injurieuse avec des propos xénophobes, racistes et totalement irrespectueux. Une chose est sûre pourtant: aucun problème ne peut être réglé par la haine. Si nous voulons éviter un échec total, nous devons chercher activement de nouveaux moyens de protéger les réfugiés de la misère et combattre de toutes nos forces les causes des conflits à l’origine de ces flux de migrants.

Helen Meier, par e-mail

Où envoyer les réfugiés illégaux?

Il y a longtemps que l’on pouvait s’attendre à ce qu’il y ait d’énormes flux de migrants depuis la Syrie et l’Afrique. Qu’a fait l’UE à Bruxelles? Absolument rien! Elle s’est satisfaite de sa sinécure sans rien mettre en place. Les pays de l’UE sont à présent débordés car rien n’a été prévu. La Suisse doit faire en sorte de ne pas se retrouver dans cette impasse. Il faudrait malheureusement fermer les frontières pendant un certain temps afin de contrôler les enregistrements et les refoulements. Ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas s’adapter devraient être aussitôt expulsés. Je vis depuis quelques années en Thaïlande et je trouve que le système d’immigration thaïlandais devrait être appliqué en Suisse. Les personnes qui se trouvent illégalement en Thaïlande sont expulsées sans détour. C’est une approche stricte et dure pour beaucoup, mais efficace. En Europe, le problème des expulsions est toutefois différent. Où peuvent aller les personnes à expulser si elles sont persécutées dans leur pays d’origine ou que celui-ci est en guerre? Les problèmes en Europe, et aussi en Suisse, ne sont pas près de diminuer, au contraire.

Evelyn Degen, Thaïlande

Encore plus de voitures? Non merci!

Je vis au Japon où tout est fait pour la mobilité. On agrandit les autoroutes et le train Hikari Shinkansen, qui relie toutes les dix minutes Tokyo à Osaka et au-delà, transporte à chaque fois environ 700 passagers. La vitesse moyenne est de 150 km/h. Chaque jour, 3,5 millions de personnes passent par la gare de Shinjuku. Si je veux avoir des scampis vivants sur ma table le matin, il me suffit de les commander la veille à Kyushu à environ 1200 kilomètres et je suis sûr de les avoir à temps. Ils sont bien entendu transportés à bas prix par camion. Est-ce que tout ça a un sens? Est-ce nécessaire? Combien de ressources naturelles faut-il gaspiller pour satisfaire notre appétit sans fin? La voiture ne coûte pas assez cher, tout comme les vols en avion et les transports par camion. La prochaine génération en paiera le prix: davantage de circulation, plus de voitures et plus de mitage? Non merci! J’ai voté non au deuxième tunnel du Gothard.

Andre Zimmermann, Tokyo

Flux de touristes excessif

Rien n’est plus souhaitable que de transférer le trafic routier sur les rails. Premièrement, le transport ferroviaire est moins onéreux que le transport routier. Deuxièmement, en Suisse, où les trains sont tous électriques, le bénéfice du transport ferroviaire sur l’environnement est considérable. En revanche, un nouveau tunnel routier engendre une concurrence négative. Le flux de touristes en Europe est quoi qu’il en soit déjà excessif, trop excessif. Tout devrait être mis en œuvre pour l’endiguer. Le tourisme est une bonne industrie s’il est exploité avec mesure. Mais une activité touristique exagérée nuit à l’environnement. C’est pourquoi j’ai voté non à un deuxième tunnel du Gothard.

Brigitte Meier, par e-mail

Aucune caisse-maladie à un tarif abordable

La politique prend très souvent une tournure curieuse, comme l’idée de supprimer la double nationalité. Un autre problème selon moi aussi important est que les Suisses de l’étranger ne peuvent souscrire à aucune caisse-maladie à un tarif abordable pour les bénéficiaires de l’AVS en Suisse (sur la base d’une assurance de base). Avec un domicile en Suisse, de simples bénéficiaires de l’AVS auraient droit à une prestation complémentaire, ce qui coûterait de l’argent à l’État. Qu’est-ce qui s’oppose à une assurance de base appropriée et abordable?

Herbert Stäheli, par e-mail

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