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Deux nouvelles têtes au gouvernement suisse

27.01.2023 – SUSANNE WENGER

Le Bernois Albert Rösti (UDC) et la Jurassienne Elisabeth Baume-Schneider (PS) viennent de faire leur entrée au Conseil fédéral. Cette élection de remplacement par le Parlement a provisoirement confirmé l’équilibre des forces au gouvernement national. La représentation des régions a donné lieu à des débats.

À la fin de 2022, le Parlement a repourvu deux sièges en même temps au Conseil fédéral, qui en compte sept. Les deux plus anciens membres du gouvernement avaient en effet annoncé leur départ: le Zurichois Ueli Maurer, de l’UDC, parti conservateur de droite, et la Bernoise Simonetta Sommaruga, du PS. Pour succéder au premier, le Parlement a élu Albert Rösti, conseiller national bernois et ancien président de l’UDC. Et pour succéder à la seconde, il a choisi la conseillère d’État jurassienne Elisabeth Baume-Schneider, ancienne ministre de l’éducation du canton du Jura.

Ainsi, rien n’a changé concernant la composition politique du gouvernement national, à majorité bourgeoise. Y sont traditionnellement représentés les partis comptant le plus d’électeurs à droite, à gauche et au centre de l’échiquier politique, qui président ensemble à la destinée du pays et recherchent des solutions équilibrées. Le système politique suisse ne connaît pas de majorité ni d’opposition. Les deux nouveaux élus faisaient partie des candidats présentés par leurs partis, même si l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider a surpris. Le Conseil fédéral reste constitué de trois femmes et quatre hommes.

La Suisse alémanique et les villes sont sous-représentées

Si cette élection de remplacement a donc globalement été synonyme de stabilité, elle possède néanmoins des particularités. Il s’agit de la première fois que le canton limitrophe du Jura, plus jeune membre de la Confédération, est, à sa plus grande joie, représenté au gouvernement. Et ce dernier est désormais à majorité latine: trois Romands et un Tessinois font face à trois Suisses alémaniques. Une telle constellation n’a existé qu’une seule fois depuis la naissance de l’État fédéral, il y a 175 ans, et seulement de 1917 à 1919.

Des voix critiques se sont élevées pour exiger que cette majorité latine demeure, cette fois aussi, provisoire. Comme 70 % de la population vit en Suisse alémanique, celle-ci est à présent nettement sous-représentée. La Constitution prévoit en effet une représentation équilibrée des régions linguistiques. Le fait que les grandes villes ne soient plus représentées au Conseil fédéral a également donné lieu à de vifs débats.

La gauche perd un département clé

Le nouveau conseiller fédéral UDC Albert Rösti a pris les rênes du Département de l’environnement, des transports et de l’énergie, jusqu’ici dirigé par Simonetta Sommaruga. Ainsi, la gauche a perdu ce département clé au profit de la droite. La nouvelle conseillère fédérale PS Elisabeth Baume-Schneider dirige le Département de justice et police et est ainsi responsable de la politique de l’asile. Ce département est devenu vacant parce que la conseillère fédérale PLR Karin Keller-Sutter est passée à celui des finances. Les autres membres du Conseil fédéral ont conservé leur département.

Les choses resteront-elles ainsi au Conseil fédéral? On le verra dans le courant de l’année déjà. Après les élections nationales de l’automne, le nouveau Parlement réélira le gouvernement au complet en décembre. Selon le résultat des partis, et si une nouvelle démission advenait, il pourrait à nouveau y avoir du mouvement à l’exécutif. Renforcés, les partis verts réclament par exemple depuis plusieurs années un siège au gouvernement.

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