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  • Éditorial

Bataille sur l’orientation de la politique

14.01.2015 – Barbara Engel

Depuis la mi-décembre, la «Neue Zürcher Zeitung» est au centre de l’intérêt politique et médiatique, et pas seulement en Suisse. En effet, la NZZ est le seul organe de presse suisse qui attire également l’attention à l’étranger. Que s’est-il passé?

Le rédacteur en chef, Markus Spillman, journaliste de renom, a été contraint à la démission par le conseil d’administration, certes de manière non officielle mais de facto. La rédaction, composée de quelque 200 journalistes, a protesté contre l’intention du conseil d’administration de désigner Markus Somm comme successeur de M. Spillmann. M. Somm, également journaliste réputé, se trouve très à droite de l’échiquier politique. En outre, c’est un ami proche et le biographe de Christoph Blocher, le vice-président et la tête pensante de l’UDC. 

Lors de la rédaction de ces lignes, nous attendons encore la décision liée à la nomination du futur rédacteur en chef de la NZZ, journal né il y a 234 ans, étroitement lié au PLR. Le «Frankfurter Allgemeine Zeitung» écrit à ce sujet: «La confusion est grande», du fait «de son comportement maladroit» le conseil d’administration a «provoqué une situation désastreuse».

Il est toutefois manifeste que ce bras de fer n’est que le reflet d’un combat qui va s’engager autour de l’orientation politique à venir de la Suisse. La ligne libérale mais critique de la NZZ et de son rédacteur en chef pose problème aux cercles UDC – ils essaient de rallier le journal à leurs rangs pour l’actuelle campagne électorale.

Le professeur émérite de philosophie politique de l’Université de ­Zurich, Georg Kohler, est également un grand expert de la politique suisse. Ses analyses sont tellement clairvoyantes qu’il fait autorité auprès de tous les partis. Il va exposer, durant cette année, ses observations et ses réflexions sur la campagne électorale dans les colonnes de chaque édition de la «Revue Suisse». A partir de la page 12 du magazine, G. Kohler revient entre autres sur les prises de décision, la classe politique et les compromis.

L’article paru en décembre dans la «Revue Suisse» sur le conflit linguistique et les discussions autour de l’enseignement des langues et notamment l’enseignement précoce du français dans le système scolaire suisse, a fait couler beaucoup d’encre. A notre grande surprise: dans les courriers des lecteurs et les commentaires des Suisses de l’étranger, la grande majorité estime que l’enseignement précoce et la connaissance de la deuxième langue nationale majeure du pays, le français ou l’allemand, sont plus importants que l’enseignement de l’anglais dès l’école primaire. Une citation qui traduit l’avis d’un grand nombre: «(Presque) tout le monde apprend l’anglais tôt ou tard car il est omniprésent, prestigieux et utile.»

Barbara Engel

Je souhaite remercier ici également tous les lecteurs qui ont exprimé leurs opinions – de manière constructive sans exception – sur la nouvelle présentation et le nouveau site internet.

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