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Plutôt mobiles qu’émigrés

23.05.2016 – Monika Uwer-Zürcher

Plus de 760 000 Suisses et Suissesses vivent actuellement à l’étranger. Nous en avons contacté une: Annemarie Tromp, médecin. Elle est membre du Conseil des Suisses de l’étranger et vit à Hambourg.

«Loin des yeux, loin du cœur. La Suisse ne s’intéresse vraiment pas assez à ses compatriotes qui vivent à l’étranger.» Originaire de Berne et installée à Hambourg depuis sept ans, Annemarie Tromp en est convaincue. Elle pense aussi que l’Organisation des Suisses de l’étranger jouit d’une notoriété bien trop faible en Suisse. Âgée de 34 ans, cette jeune anesthésiste est l’une des plus jeunes membres au Conseil des Suisses de l’étranger. Elle espère que les festivités pour les 100 ans de l’OSE offriront à la Cinquième Suisse une meilleure visibilité.

«Beaucoup de personnes n’ont pas encore perçu que l’émigration a radicalement changé au cours des dernières années», explique-t-elle. «Nous ne sommes plus des émigrés au sens classique du terme, tels qu’on les connaissait jusqu’au milieu du siècle dernier.» Plutôt que d’émigrés, Annemarie Tromp préfère parler de «Suisses mobiles». «Parce que, bien souvent, ils reviennent.»

Elle est venue à Hambourg pour un stage de trois mois dans le cadre de ses études de médecine. C’était un hasard. Elle voulait en réalité découvrir des contrées totalement dépaysantes, voire travailler sur un autre continent. Mais son frère, qui avait eu un vrai coup de cœur pour Hambourg, lui a suggéré, non sans intérêt, d’aller y faire son stage.

La ville portuaire a fasciné cette jeune femme dynamique. À la fin de ses études en Suisse, elle savait sans hésiter qu’elle voulait vivre à Hambourg. La recherche d’appartement s’est révélée être un défi majeur. C’est pourquoi elle a contacté Vreni Stebner, alors présidente de l’association suisse «Helvetia» à Hambourg. Cette dernière n’a pas pu l’aider mais l’a invitée à une réunion de l’association où des compatriotes plus âgés lui ont raconté avec passion leur propre histoire. «En comparaison, mon expérience était plutôt banale. J’ai certes dû faire face à une énorme bureaucratie, mais j’ai pu faire reconnaître mon diplôme très facilement grâce aux accords bilatéraux entre la Suisse et l’UE.» Entre-temps, elle s’est si bien intégrée dans l’association «Helvetia» qu’elle a été élue à sa tête en 2015.

Un retour difficile à cause de l’AVS

«La suppression de l’AVS facultative pour les Suisses de l’étranger porte un coup dur aux Suisses mobiles», déclare-t-elle au sujet des problèmes actuels. Les architectes et ingénieurs suisses ont construit des maisons ou des ponts dans le monde entier. Des scientifiques ont mené des recherches dans des universités étrangères. Et, après 12 à 15 ans passés à l’étranger, ils ont constaté avec stupeur qu’il leur serait difficile de rentrer en Suisse parce qu’il leur manquait des années de cotisation. Elle pense d’ailleurs que c’est une perte notable pour la Suisse, qui se coupe du potentiel de ses compatriotes à l’étranger.

Lorsqu’elle explique à ses amis à Berne qu’elle est membre du Conseil des Suisses de l’étranger, ils se demandent de quoi elle leur parle! Elle trouve incroyable de n’avoir elle-même pas entendu parler de l’existence de l’OSE avant 2012 à Hambourg alors que, en tant que fille d’un politicien bernois, elle pensait être très bien informée en politique.

Annemarie Tromp ne sait pas encore quand, ni si elle reviendra en Suisse avec sa famille. Elle profite du luxe de la jeunesse. Elle revient à Berne tous les deux mois avec sa famille. «J’ai besoin de revoir les montagnes de temps en temps», explique-t-elle. Bien entendu, elle parle «Bärndüütsch» avec ses deux filles.

Monika Uwer-Zürcher est rédactrice régionale de la «Revue Suisse» en Allemagne.

Image  «Mon expérience était plutôt banale», Annemarie Tromp, Hambourg.

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