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  • Éditorial

L’impression sous pression

22.11.2018

Pardon, mais nous devons d’abord parler brièvement de nous-mêmes, de la «Revue Suisse». Même si elle est lue à Lyon, Tarragone, Vancouver, Invermay, Newcastle, Berlin ou Hong Kong, cela signifie aussi: en tant que magazine papier, elle passe entre de nombreuses mains, est souvent le point de départ de conversations familiales, peut-être même un objet de controverses. Elle représente toujours un petit bout de Suisse tangible. C’est pourquoi nous voulons garantir l’impression de la «Revue» sur le long terme. Mais l’impression est sous pression en raison de son coût.

Pour l’avenir de la «Revue» imprimée, nous comptons sur les lecteurs qui apprécient les avantages de l’édition électronique. Ceux qui consultent le contenu de la «Revue» sur le web ou via notre application – améliorée – et qui se désabonnent de l’édition papier au lieu de la jeter à la poubelle sans la lire, contribuent à réduire les coûts élevés d’impression et d’expédition, et contribuent ainsi encore plus à la pérennité de la version papier. Vous trouverez des conseils concrets à la page 22.

L’impression survivra-t-elle? Nous avons examiné de plus près comment les choses se passent en Suisse avec le livre qui a longtemps été déclaré mort. C’est bluffant. Après des années de déclin, de nouvelles librairies rouvrent pour la première fois. Bien plus que le commerce du livre, cela concerne le livre classique papier lui-même. Il conquiert de nouvelles niches. En 2017, 9000 nouveaux titres ont été publiés en Suisse. C’est à peu près deux fois plus qu’il y a 50 ans, alors que le livre ne faisait encore l’objet d’aucune concurrence. De plus, on observe en Suisse une «fatigue numérique» qui profite au livre classique: la vente de livres électroniques stagne et représente moins de dix pour cent des ventes du marché du livre.

Un livre n’a pas encore été écrit: le polar concernant la lutte acharnée pour l’avenir des relations entre la Suisse et l’Union européenne. La phase finale croustillante de l’épreuve de force est en cours, Berne et Bruxelles jouent tous les deux un jeu de poker de haut niveau. Nous mettons à votre disposition une petite grille de lecture, car ce qui est exactement contesté n’est pas toujours clair, même pour les personnes politiquement concernées. Il est évident, en effet, que la lutte entre Berne et Bruxelles influencera les élections en Suisse. Au cours de l’année électorale 2019, la Suisse elle-même fera l’objet d’un débat comme rarement auparavant: qu’adviendra-t-il du «modèle de réussite suisse»? Comment le protéger? En quoi est-il compromis? Ce sont aussi les premières questions à poser à ceux qui veulent un peu se préparer pour les prochaines élections d’automne.

Marc Lettau, RÉDACTEUR EN CHEF

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