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  • Écouté pour vous

Un Thounois qui a le blues

03.04.2020 – Marko Lehtinen

Du point de vue de son allure, Philipp Fankhauser est très suisse. Il ressemble davantage à un comptable qu’à un bluesman marqué par les aléas de la vie. Mais ce chanteur et guitariste de 56 ans est depuis des années le musicien de blues le plus connu outre-Sarine. Trente ans ont passé depuis la sortie de son premier album, et son dernier opus «Let Life Flow» est le 16e qu’il sort en solo.

Ce nouvel album reflète une fois de plus les atouts du Thounois. Ses 15 chansons assoccient le blues avec la pop et les rythme suaves de la soul. Sa musique séduit par son groove et son intensité, ses mélodies limpides et ses arrangements accessibles. La voix de Fankhauser rocaille comme le veut le genre, sa guitare à peine distordue est sensible et virtuose, des instruments à vent rappellent la Nouvelle-Orléans. Hendrix Ackle au clavier et Richard Cousins à la basse offrent un accompagnement sublime et le superbe chœur féminin «The Shoals Sisters» confère aux enregistrements un souffle de gospel.

«Cold Cold Winter» est un shuffle au tempo rapide, «Here In My Arms» une merveille de lenteur, «You’ve Got To Hurt Before You Heal» une ballade soul sentimentale, et «Wave You Goodbye» un blues bien authentique: dans ce nouvel album, qui a en partie été enregistré dans le Sud des États-Unis avec des musiciens locaux, Philippe Fankhauser reste fidèle à son style. Il n’y a qu’avec «Chasch Mers Gloube», hommage au regretté Hanery Amman, un autre musicien suisse, que le bluesman explore de nouveaux territoires. Il n’avait d’ailleurs encore jamais chanté en «bärndütsch» sur un album. Sa version du «Milano» de Lucio Dalla, interprétée en italien, est elle aussi extraordinaire.

Quelle que soit la langue dans laquelle elles sont interprétées, les chansons de «Let Life Flow» ont finalement toujours une sonorité transparente et propre, pourrait-on dire. Elles ne contiennent pas beaucoup d’aspérités. Vu ainsi, le son de Philipp Fankhauser colle mieux à son apparence suisse qu’on pourrait le croire de prime abord. Ce n’est pas une faiblesse. Plutôt une marque d’authenticité.

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