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  • Écouté pour vous

Un pianiste complet

15.09.2017 – Pirmin Bossart

Passionné de musique classique et féru d’improvisation, Yannick Delez joue au piano une musique d’une grande modernité, puisant ses racines dans le jazz. Ce Suisse romand de 44 ans installé à Berlin depuis 2011 a créé la surprise avec un double album solo: «Live/ Monotypes» est une œuvre pleine d’énergie, dans laquelle on peut s’aventurer toujours plus loin. Les différentes compositions et pistes forment un tout et créent une ambiance assez précise pour se faire une idée de la virtuosité et de l’intuition qui transparaissent dans la musique de Delez.

Natif de Martigny, ce musicien se laisse séduire très tôt par le piano, progressant en tant qu’autodidacte. En 1990, il commence sa formation professionnelle à l’École de jazz de Lausanne, dont il sort avec un diplôme de piano du département Jazz/Performance. Il joue ensuite avec divers groupes de la scène jazz suisse, tout en étant membre de Piano Seven, un ensemble de sept pianistes avec lequel il enregistre quatre albums et tourne en Asie et en Amérique latine. En 2003, il sort son premier album solo «Rouges», avant de former son propre trio un an plus tard.

Depuis, Yannick Delez n’a cessé d’affiner et de nuancer son toucher. Les critiques confirment son jeu original. «Il a produit un fantastique album solo au piano, qui ne se prête à aucune comparaison», a écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung au sujet de sa dernière œuvre, «Boréales». Quant au Tages-Anzeiger, il en a parlé en ces termes: «Delez propose une combinaison rare: il reprend le sens de la trance du minimalisme, l’improvisation du jazz et l’harmonie du piano classique romantique.»

Avec son double album actuel, Delez montre avec force tout le spectre de son talent pianistique. Le CD 1 est un concert live, durant lequel il entremêle ses propres compositions à des grands standards et se révèle être, de par son attitude, un pianiste de jazz raffiné. Le CD 2 est consacré aux «Monotypes», des morceaux improvisés dans l’instant, qu’il a enregistrés à Bonn dans la maison de Beethoven. Sur plusieurs heures de matériel brut, Delez a sélectionné les 17 morceaux les plus courts et les a soigneusement rassemblés, tissant des liens entre eux.

Yannick Delez: «Live/Monotypes», Unit Records, 2017.

Sur cet opus, les genres fusionnent avec une telle grâce que sa virtuosité et ses capacités motrices d’une grande précision se greffent sur des ambiances impressionnistes, un flow jazzy, des explosions voluptueuses et des moments comme chantés. «Quand je joue de la musique, j’ai envie de prendre les auditeurs par la main pour aller avec eux dans un endroit où ils ne seraient jamais allés tout seuls», a déclaré récemment Yannick Delez au magazine Jazz’n’More. L’album «Live / Monotypes» regorge de lieux de ce genre à découvrir et tous valent vraiment le détour.

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